Angelika Kauffmann Museum, Schwarzenberg (AT)

Situés sur un terrain en pente à l’ouest du village, deux musées ont été installés dans une maison traditionnelle bien conservée, une Wälderhaus (maison typique de la région Bregenzerwald). La partie initialement dédiée à l’habitation sert de musée local. Le nouveau musée Angelika Kaufmann occupe l’aile consacrée autrefois à la partie domestique et est accessible par la grange.

 

Concept discret

Une large porte coulissante permet d’ouvrir le musée. Lorsque la porte coulissante est fermée, on ne peut rien voir de la construction moderne en bois et en verre. Le hall d’exposition a été inséré dans la grange en tant que “maison dans une maison” à toit plat. Les éléments spatiaux définissent le hall d’exposition, mais rappellent aussi l’ancienne ferme- un dialogue architectural sophistiqué qui cependant ne s’impose cependant pas au premier plan. Ce bâtiment est une combinaison timide et équilibrée du petit et du grand monde, de la tradition et de l’innovation.

Outre la protection contre le vol et l’incendie, nos travaux de construction comprenaient un climat intérieur contrôlé et un éclairage professionnel, ainsi qu’un foyer avec une table de réception, des salles de bains, un petit bureau et un coin cuisine pour le personnel. Tous les travaux ont été effectués conformément à l’ordonnance de conservation : l’enveloppe du bâtiment n’a pratiquement pas été modifiée ; elle est donc restée non isolée. En fait, la nouvelle utilisation du bâtiment est à peine visible de l’extérieur.

Maître d’ouvrage : Gemeinde Schwarzenberg
Site : A-6867 Schwarzenberg, Brand 34
Architecture : Dietrich | Untertrifaller
Chef de projet : Rafael Grups, Herbert Greber, Peter Nussbaumer
Construction : 2006-2007
Surface : 315 m²

Prix : 2010 Prix international de restauration architecturale (Médaille d’argent)

Partenaires
OPC : Baukultur, Schwarzenberg / structure : Merz Kaufmann Partner, Dornbirn / structure bois : Berchthold, Schwarzenberg / fluides : Klimaplan, Hohenems / HQE : Weithas, Hard / acoustique : Brüstle, Dornbirn /// photos : © Bruno Klomfar

Construction sans support

 

Pour créer un foyer spacieux et sans colonnes, nous avons enlevé deux faux-plafonds et un pilier au milieu de la pièce. Les nouvelles poutres en acier s’intègrent bien dans la charpente en bois en tant qu’éléments légers et en forme de barre.

Dans la salle d’exposition également, il a fallu enlever des colonnes et adapter l’ensemble de la structure portante. La solution était un hall isolé thermiquement et détaché des façades. Le toit repose désormais sur des charpentes latérales en acier qui transmettent les forces verticales et horizontales vers le sol.

Les locaux techniques sont situés au-dessus du nouveau plafond de la salle d’exposition. Les ouvertures minuscules dans le plafond font référence à des détecteurs de fumée et deux sorties étroites sur le côté long assurent la ventilation. Ces fentes s’étendent directement à côté de l’éclairage du hall et ressemblent à un joint plutôt qu’à une installation technique. Même un interrupteur d’éclairage est inutile : l’éclairage est contrôlé par un tableau de commande dans le foyer.

 

Les artisans, enracinés dans la tradition locale et pourtant familiers avec les dernières technologies, ont donné la touche finale à l’œuvre avec leur travail soigneusement exécuté. Toutes les pièces s’assemblent et font partie de la longue histoire du bâtiment.

Le design en dialogue

Le foyer en double hauteur se développe à l’arrière d’une baie vitrée, donnant l’impression que la porte de la grange est ouverte. La porte d’accès est en revanche réalisée en bois massif. Les murs, les sols clairs et le mobilier en sapin blanc contrastent avec l’aspect sombre des murs anciens.

Les nouveaux éléments porteurs sont traités en acier, de manière à les différencier clairement de la charpente existante.

Le sol en planches de sapin sciées s’étend de l’entrée jusqu’au hall d’exposition. Ses parois latérales sont divisées en trois niches plates, entre lesquelles des fentes vitrées permettent de voir les anciens murs.

Les portraits de la grande artiste Angelika Kauffmann, légèrement éclairés, sont mis en valeur devant les surfaces blanches suspendues.

Histoire

L’artiste Angelika Kauffmann (1741-1807), devenue célèbre à Londres et à Rome, vient du village de Schwarzenberg dans le Bregenzerwald. La communauté a donc voulu dédier un musée au peintre.

 

Un Bregenzer Wälderhaus traditionnel a été choisi comme emplacement idéal. La partie résidentielle sert de musée d’histoire locale et et se caractérise par le typique « Schopf », un porche d’entrée non chauffé et protégé du vent et du froid. Un motif que nous aimons utiliser sous une forme modernisée.